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LA DIGITALISATION DU COPYWRITER.

21 Oct

Si dans les années 80, le copywriter (aussi appelé “concepteur-rédacteur”) pouvait se contenter d’headline aux jeux de mots tape à l’œil pour obtenir une standing ovation, il se voit maintenant confronté à une des plus grandes avancées publicitaire: la communication web.

Le support web est aujourd’hui présent, si pas au cœur de toutes les campagnes marketing. Le copywriter doit donc adapter son style d’écriture sur un nouveau support, avec de nouveaux codes et de nouveaux tons. En d’autres termes, il se voit dans l’obligation de se digitaliser.

RÉDACTION OFFLINE VS RÉDACTION ONLINE

On pourrait facilement écrire un bouquin sur le sujet, mais venons-en à l’essentiel.
La plus grande différence entre ces deux types de communication est bien évidemment le support et donc, l’effet qui en résulte: on ne lit pas sur un écran comme on lit sur du papier. Selon Jakob Nielsen, nous lisons 25% plus lentement sur un écran que sur du papier. De plus, l’internaute aura plus vite tendance à passer d’un onglet à un autre que le lecteur, qui aura payé son journal et qui rentabilisera son journal (nonjidju).
Conclusion: il faut capter l’attention de la cyber-cible en quelques mots, clairs, concis et efficaces. Parce que contrairement à un print par exemple, le copy n’a pas de baseline et/ou de body-copy auxquels s’accrocher pour expliquer son idée: il doit agir en one shot.

TIPS & TRICKS DE L’ONLINE

Tout comme en offline, il faut d’abord savoir à qui on s’adresse car il est crucial pour le copy de parler la même langue que sa cible. On ne s’adresse pas à un ado comme à un quadra. Si dans ton briefing, tu as la chance d’avoir la fameuse “Cible: Tout le monde”, imagine-toi t’adresser à la personne la moins experte. Attention, je n’ai pas dis la plus conne.

Ensuite, nous allons nous montrer proche de la cible. L’empathie doit être le mot d’ordre du copy. Pour ça, plusieurs manières: parler en “vous”, en “nous” (avec une notion de communauté), poser une/des question(s) qu’elle-même se poserait. Autrement dit, la placer au centre du discours. Exemple avec une des pages du site de la banque CBC:

CBC1

  1. L’idée est simple: on parle d’argent et de placement. On va donc faire preuve de compréhension envers la cible en énonçant le sentiment qu’elle peut ressentir à l’idée de placer son argent dans une banque qu’elle ne connait pas. Pour en renforcer l’idée, le copy s’adresse en “Nous”. Il fait transparaitre l’idée que ça arrive à tout le monde, la banque se montre proche et compatissante envers ses clients potentiels.
  2. On utilise le “Je” pour une cible large. La banque CBC n’a pas un public aussi jeune que celui d’ING, mais encore une fois, on parle d’argent. Et même (voir surtout) les plus vieux sont sceptiques à l’idée de confier leurs économies à une banque. CBC utilise le “Je” comme lorsqu’un adulte explique quelque chose à un enfant, pour démontrer la simplicité de son produit. La banque se veut rassurante envers son client.
  3. On pose la question que se poserait le consommateur. Encore une fois, il s’agit de se montrer proche de lui.
  4. On y répond par des phrases-clé et percutantes qui sont approfondies si on clique sur les liens. Avec, encore une fois, l’utilisation du “Vous” pour personnifier l’offre.

Maintenant, la visibilité. Quand tu arrives sur une page web, tu la lis en diagonale et tu n’es pas le seul. Sache que tu peux déployer tous les efforts que tu veux, ça ne changera jamais. Alors comment faire pour capter l’attention de l’internaute? Structurer ton contenu par des titres, des intertitres, des caractères en gras, des puces, des visuels, etc. Autre exemple, toujours avec le site de la CBC.

CBC2

Cette structure est très bien adaptée à la lecture online. On y retrouve un titre, des intertitres bien visibles en bleu, les principales valeurs du produit sont listées, les atouts commerciaux de l’offre sont en gras, on allège la présentation avec des espaces vides et un visuel et on propose d’autres niveaux d’informations de manière claire et colorée.

Nous avons déjà vu que l’internaute est un personnage impatient. Il est donc important pour le copy d’aller directement à l’essentiel avec un rapide résumé qui, s’il est bien écrit, intéressera le visiteur jusqu’au prochain clic où il aura plus d’informations.

CBC3

Ici, la CBC tease l’internaute avec un titre et un sous-titre clairs. Le texte en-dessous place en gras les chiffres et les informations que le lecteur devra réellement retenir, avant de se référer au bouton bleu qui approfondira sa recherche.

En plus d’aller droit au but, le copy se doit d’être percutant dans sa rédaction. Pour ce faire, tu devras utiliser des phrases pertinentes, courtes (entre 12 et 20 mots) et efficaces pour que l’internaute les retiennent.
Par exemple, dans cet encadré de la rubrique “Investir” du site de la CBC, on peut facilement remplacer le “mais aussi” par “et”. Ce qui donnera “et par conséquent, des besoins financiers”. On enlève la répétition de virgules, on clarifie la phrase et on réduit le nombre de mots. Oui, je sais, c’est du chipotage mais c’est un peu ça, la copy.

CBC4

Rester simple. Tu la connais, celle-là, hein? C’est pourtant une des plus grande loi de la copy. Un lecteur qui bute sur un mot va passer la phrase. Un internaute a toutes les chances de quitter la page. Tu devras donc user d’un vocabulaire accessible à ta cible et structurer tes phrases par une syntaxe de type sujet-verbe-complément, en prenant soin d’éviter la forme négative.

Ensuite, on veillera à varier son champ sémantique, ce qui ne fera pas de mal au référencement de ton contenu. Oui, car les internautes ne tapent pas tous le même mot sur Google. Si par exemple, tu parles de voiture, demande au dictionnaire des synonymes ce qu’il en pense (Ô, outils sacré!), il te fournira d’autres termes comme auto, bagnole, caisse, véhicule, titine, etc. À utiliser selon le contexte et la cible, évidemment.

Nous restons dans une optique d’achat, ne l’oublions pas. C’est pourquoi, ne néglige pas le call to action, d’habitude visible sous la forme d’un lien et/ou d’un bouton.
On évitera les termes qui laissent l’internaute dans le flou comme “Cliquez ici”, il faut qu’il ai une idée claire de la page sur laquelle on l’invite. Par exemple, un simple “Pour en savoir plus” peut s’avérer efficace. On priviligera aussi les verbes d’actions comme “J’achète” ou encore “Je m’inscris”, à caractère plus personnel.

Un copy n’est pas un journaliste. Il ne peut pas se contenter de relater un fait, il doit faire preuve de créativité. Joue avec la langue française, c’est chouette! Mais attention: aujourd’hui, on ne fait plus de jeu de mot mais des jeux de sens. Par exemple, “Ryanair. Faites du ciel un paradis sur Terre” fait plus rêver que “Ryanair vous envoie au 7e ciel” (vu et rerererevu).
Oublie donc les phrases types style “Super promo!”, “Offre spéciale!” et autres joyeusetés difficiles à appréhender par le plus grands nombres d’internautes. Enfin, n’oublie pas d’inclure dans ton titre ou dans ton texte un maximum de termes pouvant améliorer le référencement naturel.

Voilà, tu es presque paré pour la copy online. Il ne manque à cela que la pratique et encore de la pratique. J’ai également trouvé ce petit bijou d’astuces créé par Jean-Marc Hardy, « 44 conseils pour bien écrire pour le web« , qui m’a pas mal inspirée dans la rédaction de cet article.
Enjoy it!

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